HG3P1 (affiche)

La remarquable Jennifer Lawrence reprend son rôle de Katniss Everdeen dans le troisième volet de la série de Suzanne Collins. Adaptée au cinéma en deux parties, dont la première – fraichement sortie en salles obscures – fait l’objet de cette critique, La Révolte : Partie 1 s’annonce très prometteur. Au programme, une rébellion, un dilemme passionnel et beaucoup, beaucoup de peur pour la séduisante héroïne et ses compagnons d’insurrection. Mais la tournure prise par la saga est-elle à même de satisfaire tout le monde ?

Revenons rapidement sur les bases de la saga. Dans un monde divisé en Districts contrôlés par un gouvernement autoritaire, Le Capitole, des combats à morts entre membres des Districts (les « jeux ») sont organisés régulièrement. Mais au cours de la dernière édition, Katniss Everdeen, compétitrice dévouée, n’agit pas comme il faudrait et excite la ferveur populaire jusqu’à provoquer une révolte. Les insurgés sont réprimés dans le sang et certains tentent alors de s’organiser dans le treizième district, fédérés autour de Katniss par Alma Coin (Julianne Moore). On appréciera d’ailleurs le rôle donné à la chef de la rébellion tandis que l’on maudira à l’inverse la transformation du Président Snow en dictateur sanguinaire du plus simple apparat. Malgré ce manque de subtilité, l’évolution des psychologies individuelles tient la route et s’insère adéquatement dans la veine plus violente de cette Partie 1.

HG3P1 (1)Nonobstant la souffrance causée par l’absence et le comportement étrange de Peeta, le personnage de Katniss est finalement le seul qui ne surprend pas ; mais ce n’est pas forcément un aspect reprochable au film. La jeune fille ne peut s’empêcher de vouloir sauver tout son petit monde, quitte à se jouer elle-même des tours. S’il est vrai que les scènes d’actions se font rares, l’intérêt que l’on portera aux affrontements politiques ne manquera pas de croître avec l’avancement de l’œuvre. En dépit de combats mal disséminés et frustrants car insuffisamment longs, le spectateur sera tenu en haleine durant deux petites heures tant par la qualité de l’intrigue que par l’intérêt intrinsèque de ces scènes.

HG3P1 (2)Ce troisième opus est bien plus noir que les deux précédents, intrigue oblige. Malgré la présence d’un brin d’humour (merci Elizabeth Banks !) et de quelques clins d’œil aux évènements précédant La Révolte : Partie 1, il est vrai que certains éléments importants sont absents. Outre l’arène, évidemment chassée par la révolte qui gronde, les grandes cérémonies et autres festivals de couleurs manquent à l’appel. Mais ces écueils ne pourront qu’être oubliés une fois la réalité mise en face : Lionsgate nous offre ici un long-métrage orwellien à la fois extrêmement classique dans son message mais pleinement novateur dans la forme. Ce qui rend la formule pour le moins efficace et intellectuellement stimulante, pour peu que l’on se prête au jeu.

HG3P1 (3)Les Jeux laissent ici entièrement place à l’élan révolutionnaire insufflé dès le deuxième épisode, et ce au détriment des fans de la première heure qui déploreront la mise à l’écart – si ce n’est l’absence – de l’esprit initial d’Hunger Games. Sans être parvenu au stade du film d’action hollywoodien plat et creux, on concédera aux détracteurs de ce volet que la révolte éclipse peut-être un peu trop la magie des premiers films et que, paradoxalement, on aura parfois la sensation que l’histoire n’avance pas sur le fond. Mais ce qu’elle perd en charme, cette suite le regagne en souffle et en cadence. Appelée à devenir un succès, il ne va sans dire que cette Partie 1 n’attend qu’une seule chose : sa suite.

Notation critiques films 4sur5

Il n’y a pas de jugement sur la qualité du doublage, le film ayant été visionné en version originale.