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Après un sixième opus tout à fait honorable et un suivant de la même trempe, rien de plus normal que d’espérer un septième épisode encore meilleur, avec plus de meurtres, plus de sang mais des défauts corrigés et, enfin, un brin de fraîcheur. Si c’est bel et bien ce que nous attendons dans Vendredi 13 – Chapitre 8 : L’ultime retour, les désillusions tomberont à notre grand désespoir les unes après les autres, telles des gouttes de sang trop fluides sur un sol trop sale.

Pourtant, tout semblait bien parti avec l’idée de base : changer de décor. C’est sur ce principe que débute (presque) Vendredi 13, chapitre 8 avec l’embarquement de nos jeunes « héros » dans un navire de croisière à l’occasion d’un voyage scolaire. Alors que tout va pour le mieux, Jason va bien évidemment venir semer le trouble (c’est le cas de dire) dans cette eau limpide et mettre fin à la vie des pauvres étudiants.  Tout cela ne se fait pas de façon si abrupte et un peu de subtilité serait indubitablement appréciable. Mais malgré la volonté de développer quelques historiettes entre les passagers, le long-métrage s’égare totalement, faute de réels acteurs.

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Peu convaincantes pour la plupart, les réactions et mimiques de certains sont tellement au ras des pâquerettes que ça en devient affligeant. Pauvre en terme d’acteurs, Vendredi 13 l’est aussi en terme de mise en scène : celle-ci est plate, mal maîtrisée, les cadrages de caméra et surtout le montage laissant parfois à désirer. Plus que tiré par les cheveux, le scénario est totalement invraisemblable et n’est ni plus ni moins qu’une suite de faits sans queue ni tête, une série de non-sens qui semble avoir été dégotée à la pause café de dix heures.

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Mais là où cet ultime retour fait fort, c’est dans l’incohérence générale qui l’imprègne profondément; de la première à la dernière minute s’entend. Alors que l’idée d’un Jason à New-York est séduisante sur le papier, celle-ci est totalement gâchée par le peu d’actions s’y déroulant et par le caractère désert et passif et de la ville : les habitants de celle-ci ne bronchent pas en voyant un homme à moitié squelette débarquer dans leur rame de métro et ne lèvent pas plus le petit doigt lorsque celui-ci s’en prend aux malheureux diplômés. Assez mauvais dans tous les domaines, ce Vendredi 13 subit en plus une censure qui finit de l’achever : les meurtres sont sans saveurs, et l’insipidité de ceux-ci ne fait qu’enfoncer leur réalisation franchement passable.

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L’idée du bateau et de la ville étaient intéressantes, certes, mais la production finale est incontestablement à des kilomètres des attentes. On ne retrouve heureusement plus les maladresses des premiers opus et l’ambiance de la saga passe parfois en coup de vent pour appuyer un concept qui marche malgré tout mais, globalement, le résultat est sans appel : ce huitième opus est un beau raté qui ne satisfera pas même les fans de slasher de la première heure. Quand le bateau prend le large, la recette coule.