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Alors que le troisième chapitre de la sanglante série commençait à provoquer quelques signes de lassitudes chez les spectateurs voila qu’un cinquième long-métrage pointe le bout de son nez. Tout le monde croyait Jason mort mais, ô surprise, une série de meurtres sanglants perturbe la tranquillité d’une charmante maison « de repos » campagnarde où vit le jeune Tommy rescapé du premier opus. Malheureusement, censure et déjà-vu ne sont pas de bonne augure…

Censure ? Oui, vous avez bien lu, censure. En effet, autant vous avertir dès le départ, la plupart des meurtres de ce Vendredi 13 se retrouveront bêtement éclipsés, la caméra préférant se focaliser sur un élément du décor tout à fait innocent, allez savoir pourquoi. Mais pour l’instant qu’importe, concentrons-nous plutôt sur l’histoire; celle-ci valant un minimum le détour (plus que d’habitude en tout cas). En effet, pour la première fois dans la saga il nous est proposé une forme de continuité par rapport à l’épisode précédent, avec la retour du désormais moins jeune Tommy. Alors que celui-ci avait réussi à tuer Jason (le tueur emblématique des Vendredi 13) dans le quatrième opus, il se retrouve dans une maison de repos perdue mais joviale après des années d’hôpital psychiatrique. Mais alors que la région était calme jusque là, les premiers meurtres ne tardent pas à semer la panique chez la population locale; notez l’originalité poussée de cette intrigue par rapport à ce que l’on a pu voir par la passé. Malheureusement, l’inventivité s’arrête là et le 100% commercial prend le dessus sur le reste.

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Par où commencer le massacre ? Les personnages peut-être ? Allez, allons-y. Ces derniers sont caricaturaux et c’est une habitude des Vendredi 13, certes critiquable mais peu gênante. Quelques uns tentent d’être drôles et là aussi ça n’est pas nouveau, inutile de s’attarder sur le ratage de plus en plus complet des comiques de situation. Les scènes de sexe ne manquent pas à l’appel non plus, mais on est habitués. Non, là où c’est trop, c’est précieusement dans le cumul de tout cela surmonté de la cerise qui fait déborder le vase (ou quelques choses comme ça) : le vulgaire et le potache, qui cesseront de faire descendre la saga aux enfers des séries Z.

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Niveaux effets spéciaux, c’est pas si mal (c’est même de mieux en mieux) mais il est toutefois difficile d’en juger tant les meurtres sont censurés. Le cadrage est un peu mieux réalisé qu’auparavant, certes, mais le montage ne s’améliore lui pas. Le côté kitsch est certes moins prononcé (on pense notamment à certains meurtres de l’opus précédent) mais, avec lui peut-être, l’ambiance Crystal Lake finit par s’éteindre. La série commence à avoir bien défini sont identité propre mais finit par trop l’assumer et ne l’exploite pas correctement au final. Néanmoins, cet épisode joue un tantinet plus qu’auparavant sur la peur (et donc moins sur le gore) et parviendra à vous procurer quelques frissons, ce qui est sans doute à mettre en partie sur le compte de la bande-son bien menée cette fois-ci. Enfin, les quelques minutes finales valent le détour, tant leur réalisation est soignée et s’éloigne de la médiocrité qui commence à toucher profondément les films.

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De plus en plus commerciale, la série vendredi 13 semble prête à toucher le fond dans cette Nouvelle terreur plus que passable à la mise en scène prévisible et l’ambiance douteuse. Épisode assez peu utile, celui-ci est à oublier à moins de réellement attacher de l’importance à la confrontation Jason-Tommy. C’est pourtant ce que voudrait nous faire croire la fin du film, peut-être prémices du futur de la série, qui sait.