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Amérique des années 30, les hold-up de banques se multiplient, probablement motivés par les difficultés économiques survenues suite à la crise de 1929. Le FBI doit alors mener une traque sans précédent contre les malfrats de l’époque et notamment John Dillinger, braqueur de haut vol sur lequel Public Ennemies se base. Ce film de 2009 réunit de grandes stars du cinéma d’outre-Atlantique mais aussi une étoile française, la belle Marion Cotillard pour le plus grand plaisir des amateurs de policiers dramatiques survoltés.

Bande annonce

(liens alternatifs 1 et 2).

Policier dramatique certes, mais aussi et surtout biopic. Incarné à l’écran par M. Depp, le célèbre truand qui a fait s’arracher plus d’un cheveu aux agents du FBI est en effet le centre de cette retranscription somme toute assez fidèle de sa vie de cavale. Ainsi, John Dillinger, ennemi public numéro 1, se verra traqué par une instance symbolique des États Unis : le bureau fédéral lui-même et plus particulièrement, le talentueux agent Purvis chargé de sa capture. Mais le malfaiteur est tenace et les nombreux échecs répétés du gouvernement pour garder et pouvoir juger Dillinger ne tarderont pas de mettre à mal bon nombre d’agents qui finiront par user de tous les moyens possibles pour appréhender le voleur. Y compris sa plus grande faiblesse, son amante Billie Frechette, ou Marion Cotillard pour les intimes.

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Cette distribution de haut vol sera complétée par les excellents Channing Tatum et Billy Crudup mais surtout par l’extraordinaire Christian Bale, méconnaissable mais pourtant extrêmement habile dans la peau de Melvin Purvis. Le duo Depp-Cotillard est lui de toute beauté, époustouflant et avec un charme réellement palpable. Bref, rien à redire sur l’ensemble des rôles, bien au contraire même, si ce n’est le manque de charisme d’un Dillinger qui se cherche un peu, surtout en première partie du long-métrage. Basée sur un roman, l’intrigue est bien ficelée et sert de prétexte à de nombreuses fusillades splendides et énergiques malheureusement assez mal disséminées au long du film. Heureusement par contre, romance et action font bon ménage et donnent toute la saveur qu’elle mérite à l’œuvre.

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La méthode filmique mérite elle aussi le détour. Assez inhabituelle et quelque peu déstabilisante au début du moins, avec une caméra à l’épaule très dynamique, celle-ci plaira ou ne plaira pas mais ne manque pas d’imposer un style certain auquel on finit par s’habituer en forçant l’attention. Les thèmes musicaux sont eux tout à fait adaptés et maîtrisés, beaucoup plus en tout cas que la mise en scène. Celle-ci n’est pas à jeter, non, loin de là même. Mais si elle est tout à fait correcte et plutôt originale, elle laissera peut-être un amer manque de subtilité dans le fond et une carence de consistance sur la forme.

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Atypique et imbibé de quelques imperfections plus ou moins déstabilisantes, ce biopic n’en est pas moins un bon film d’action sanglant et non dénué de sens, deux atouts clés que l’on ne retrouve pourtant que trop rarement. Mais Public Ennemies parvient plus particulièrement à se créer à travers la vie de Dillinger un style bien à lui que l’on adulera ou que l’on détestera. Un grand film de Michael Mann quoi qu’il en soit.