50 ans de films, des centaines de cascades, un nombre impressionnant de femmes et des incarnations d’un rôle principal très disputées : la plus longue série cinématographique de tous les temps qui débuta en 1962 a pour coutume de mettre les petits plats dans les grands. 23ème opus, Skyfall ne déroge pas à la règle et tente de redonner, un demi-siècle après le mythe Dr. No, un nouveau souffle à la série.

Réalisé par Sam Mendes (choisi pour succéder à Marc Forster qui avait réalisé un Quantum of Solace mal accueilli), Skyfall met James Bond en plus grand difficulté que jamais. Dans cette mouture très sombre, le MI6, service secret de renseignements britannique du célèbre agent 007 est infiltré. Des bavures internes et une pression externe du nouveau comité chargé du renseignement et de la sécurité conduisent le service à se relocaliser. M se retrouve alors avec son agent le plus cher dans les pires difficultés que le MI6 ait connu.

Le passé de Bond et d’une M que l’on (re)découvre sont- enfin – abordés. Une excellente nouvelle pour les fans, un élément de plus à un scénario déjà brillant pour les autres. D’autant plus que, chose relativement inédite dans les James Bond, le méchant du film (dénommé Silva et incarné par Javier Bardem) n’est pas un simple voyou vêtu de noir mais un personnage d’apparence banal; avec une psychologie propre et un charisme surprenant. Ajoutez une réalisation à la hauteur (la traditionnelle musique du générique fait appel à la chanteuse Adele) ainsi qu’un jeu d’acteurs convaincant (Bérénice Marlohe est un pur délice) et vous obtiendrez Skyfall.

Malgré un manque de courses-poursuites et de présence féminine si chère à la série,  les scènes d’actions londoniennes à couper le souffle et l’humour décuplé par le nouveau Q sauront tenir le spectateur en haleine, du moins après la mise en place de l’intrigue. Un peu longue et frustrante au final, elle n’empêche pas l’apparition du sentiment que le potentiel n’a pas été exploité malgré les 2h23 que dure le long-métrage, les tenants et les aboutissants n’étant pas toujours très clairs.  Mais les nombreuses références aux précédents films et les passages de pure nostalgie font oublier ces menus défauts : quel plaisir d’entendre le célèbre thème musical des débuts dans la mythique Aston Martin DB5 !

Paradoxalement, alors qu’il incarne un 007 déchu, bon à jeter, Daniel Craig est assurément au top de sa forme. Avec quelques séquences vraiment exceptionnelles à l’instar de celle du tribunal, Sam Mendes est parvenu à révéler la quintessence du genre, une fusion réussie entre espionnage et action pure. Mais après tout, si Skyfall s’approche tant de la perfection, c’est probablement parce qu’il a su mêler passé, présent et surtout futur. Ou peut-être parce que c’est un James Bond. Tout simplement.