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Diffusé simultanément dans cinq continents sur tous les supports et traduits en plusieurs dizaines de langues, Home a su créer fin 2009 un évènement à la mesure du message qu’il se targue de faire passer. Sublimant la beauté terrestre à travers plus de 50 pays et 500 heures de rushes, le film évènement de Yann Arthus-Bertrand fait indiscutablement prendre conscience du danger qui guette notre planète.

Si j’ai parlé de film, attention à ne pas s’y méprendre cependant : Home touche plus vers le documentaire que vers la véritable œuvre cinématographique. De fait, l’ensemble de la projection ne se basera que sur des plans aériens et une narration en relation quelquefois appuyée de chiffres, rien de plus. Tournées en Full HD, les magnifiques images de Home valent le coup à elles seules et le regarder sur un écran adapté s’avère impératif. Variées, sublimes, choisies de façon intelligentes les séquences en hélicoptères sont absolument splendides et ne peuvent que forcer l’admiration devant tant de beauté, tant de grâce. Une beauté malheureusement supplantée par la cruauté des situations évoquées, des situations pourtant bien réelles. Car c’est là que se trouve la force, le cœur de Home : tout est vrai, rien n’est faux.

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C’est après l’admirable description des immenses richesses dont bénéficie la Terre, sa faune et sa flore depuis des millions d’années que sont dévoilés peu à peu les torts et les travers causés par notre civilisation pour terminer par un mince éventail de pistes toutes plus marginales les unes que les autres. De beauté à fatalité le film passe également par optimisme et désillusion. Un chemin suivi avec attention par le téléspectateur au gré du commentaire de Jacques Gamblin, narrateur de la version française. Agréable, la narration ne dérange absolument pas la beauté des images et vient compléter le tableau de façon intelligente et plutôt subtile, avec l’appui d’une musique extrêmement bien appropriée aux situations décrites et ajustée temporellement d’une main (ou plutôt d’une oreille) de maître.

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Malheureusement pour certains (heureusement pour d’autres ?), Home reste un documentaire et n’échappe pas à un des défauts récurrents du genre : la longueur. Très présente en début du film, celle-ci se fait plus discrète par la suite, l’œuvre gagnant en dynamisme. Mais un bilan d’ensemble reste nécessaire. Et c’est là que la vérité tombe. Car si Home est intéressant, Home se répète autant dans le message qu’il veut faire passer (du déjà-vu malheureusement, un défaut qu’il est difficile de pleinement amputer au documentaire) que dans les informations en elles-mêmes, répétées inlassablement de façon volontaire mais pesamment excessive. Une volonté du réalisateur, sans doute, destinée à renforcer le ton accusateur. Pessimiste et moralisateur sur le fond, Home finit par être un peu plus optimistes et par donner quelques exemples de pistes, de solutions (malheureusement trop peu nombreux) sur la forme.

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Trop écologique peut-être, dénonciateur jusque dans les extrêmes (à tort ?), Home est indubitablement beau mais surtout chargé de sens, de messages et de valeurs qui dépassent largement le simple cadre écologique pour parvenir à un aspect plus touchant que tout le reste, l’aspect humain.