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Test

Super Nintendo

Astérix

Astérix (SNES)

             Nous sommes sur Super Nintendo en 1993.  Alors que les adaptations de jeux Astérix fleurissent où bon leur semble (Master System, Amiga, Megadrive, Game Gear et même sur Arcade), la console la plus en vue du moment n’a pas encore eue droit à sa petite adaptation et c’est pour réparer cet affront qu’Infogrammes nous compose le sobrement intitulé Astérix. À l’heure des adaptations à la pelle, celle-ci tire-t-elle son épingle du lot ?

Un beau matin, Astérix découvre que son grand ami Obélix vient d’être…enlevé par les romains. Inutile d’émettre le moindre commentaire, juste de conseiller aux développeurs de lire ne serait-ce que la première page de la célèbre BD de Goscinny et Uderzo. Mais LA question subsiste malgré tout : comment peut-on générer un scénario aussi bateau et surtout tellement incohérent vis-à-vis de la bande dessinée ? Mystère et boule de gui.

Du gui, vous n’en croiserez peut-être pas en cette saison mais c’est bien à l’endroit où il pousse que démarre le jeu : aux abords du village Gaulois que nous connaissons bien, dans les bois, entre grands arbres et profonds précipices. Après quelques haltes dans des cavernes somme toute dangereuses et des plaines regorgeantes de romains, vous débarquerez dans les montagnes enneigées d’Helvétie. Les romains amèneront alors Obélix en Égypte (après un voyage en bateau fort sympathique) où il est si facile de se perdre dans les dédales des pyramides. Notez l’absence scandaleuse de boss.

Mais ça n’est pas tout et vous aurez encore l’occasion de voir du pays en Grèce ou en Italie. La bonne variété des décors ne s’inspire d’aucun en album en particulier mais a le mérite de faire penser à plusieurs d’entre eux. Avec à la fin de chaque monde des conseils prodigués par des amis bien connus (Falbala, Petisuix, Panoramix le druide…) il est impossible de ne pas voir ici un réel effort d’adaptation. Les (trop rares) items qui vous assistent dans votre quête viennent également appuyer cet effort : lyres du barde, potion magique, potions de vol et autres apparitions d’Idéfix rendent l’aventure plus amusante.

Pas original pour un sou, le gameplay se contente de copier les standards du genre : A pour sauter et B pour donner des coups et courir, la croix directionnelles servant inévitablement à se déplacer. Malheureusement, là où Astérix se contente du minimum syndical il ne l’assure pas entièrement, la faute à un personnage bien trop glissant et à sa portée de coup ridicule qui rendent au final le jeu bien plus dur qu’il n’y paraît. Heureusement, les quelques phases de scrollings ou de balades en chariot viennent relever le niveau peu inventif et maladroit du soft.

Si le level-design est assez simple et plat en général (baffer du romain devient vite rébarbatif), quelques passages imaginatifs comme le bateau ou les vicieux retours en arrières des pyramides ajouteront du piquant à un jeu qui en avait cruellement besoin. Mais c’est dans les derniers mondes qu’on sera agréablement surpris par le regain de créativité des développeurs, autant sur les niveaux en eux-mêmes (plus de pièges, d’ennemis, de bonus cachés) que sur les décors. Joli et coloré dans son ensemble, Astérix jouit aussi d’une animation assez basique, peu fine et trop éloignée du style BD et d’arrières plans si vides qu’on se méprendrait à contempler du 8 bits.

Plus réjouissant dans ses musiques amusantes et entraînantes qui rappellent aisément les dessins animés, le jeu aurait cependant gagné en intérêt avec plus de variété sonore et de meilleurs bruitages (où sont passés les onomatopées bullesques ?). Tout ceci n’empêche pas à Astérix de se tenir sur la longueur moins grâce à son mode 2 joueurs alternatif et son système de score anecdotique qu’à cause de sa maniabilité qui fait grincer des dents et surtout de l’absence de sauvegarde ou de mot de passe, une véritable aberration. Honte à Infogrammes qui rend ainsi son jeu artificiellement dur et long à terminer, surtout en difficile.

Manque de fun, défauts de maniabilité particulièrement exaspérants à certains passages et obligation de tout faire d’une traite enfoncent du plomb dans l’aile de cette adaptation Super Nintendo. Cependant l’univers BD retranscrit notamment dans les personnages et les beaux décors vous feront passer quelques moments sympathiques.

  Les +

L’univers Astérix bien retranscrit

De jolis coins (Grèce et Égypte…)

Quelques bonnes idées

Les –

Aucun moyen de sauvegarder

Le scénario bidon

Maniabilité exaspérante

Graphismes : 3/5                Bande-son : 3/5               Maniabilité : 2/5               Durée de vie : 3/5


Note générale

12/20

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