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Test Wii

GoldenEye 007

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Dévoilé en grande pompe à l’E3 2009, ce qui fût annoncé comme une nouvelle relecture plutôt qu’un remake du mythique GoldeyEye sur Nintendo 64 éveilla les esprits les plus réticents et aiguisa les craintes des plus confiants. Déterrer le célèbre FPS qui a tout inventé ou presque pour en faire une nouvelle aventure inspirée de l’original sur Wii était un pari audacieux et osé, avec une nouvelle version placée sous les feux des projecteurs et attendue par des millions de fans. Toucher au Graal des amateurs de jeux de tir à la première personne multi-joueurs présentait beaucoup, beaucoup de risques. Et pourtant, c’est avec Eurocom aux commandes que nous repartons au pays du froid, j’ai nommé la Russie, pour un jeu d’Activision qui arbore bien plus qu’un simple œil neuf : un œil doré.

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Qui dit nouvelle relecture dit changement de scénario. C’est en tout cas le point de vue des développeurs qui n’ont pas hésité à prendre de nombreuses libertés avec celui du premier jeu, qui suivait pratiquement à la lettre la trame du film. Ainsi, si tout part bien du fameux barrage que l’on retrouve au début du film et du jeu N64, l’aventure vous fera voir du pays en expédiant Bond (incarné à présent par Daniel Craig pour des questions de droits, un petit écueil facilement pardonnable) de la Russie à Dubaï en passant par l’Espagne et le Niger. Cette nouvelle carte de voyage très en vogue proposée à notre agent secret préféré s’inscrit directement dans l’optique annoncée : moderniser le scénario en le rendant plus cohérent avec les problèmes actuels de notre société comme les bombes IEM ou les crises financières mondiales. Les personnages secondaires sont également différents et plus parlants, en corrélation avec les temps qui courent ; certains étant modifiés, d’autres inventés et quelques rares individus complètement rayés de la carte (ou plutôt devrai-je dire du disque), comme Valentin. De nombreuses initiatives donc, mais pas de regrets et un goût de nouveauté qui se fait d’ores et déjà sentir.

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Côté gameplay, là aussi, la fraîcheur est de mise ; à commencer par les variations de commandes allouées. Ainsi, il vous sera possible de jouer à la WiiMote et au Nunchuk (avec ou sans Wii Zapper), à la manette Classique voire à la manette GameCube. Si ces dernières configurations resteront bien évidemment plébiscitées par les puristes, sachez que la première s’en sort avec toutes les honneurs si ce n’est gagnante : le couple WiiMote Nunchuk est d’une efficacité sans faille. En effet, outre les actions traditionnelles se faisant à l’aide de boutons  ou du stick (s’accroupir, marcher, courir, changer d’armes, recharger, lancer une grenade, etc…) de nombreuses autres possibilités existent grâce au capteur de mouvements de la télécommande : ainsi, la visée à l’écran s’effectue entièrement grâce au pointeur. Ce qui peut paraître délicat et crispant dans les premières heures de jeu finit heureusement par devenir tout à fait plaisant : la précision gagnée est indéniable. Mais GoldenEye 007 ne se contente pas de si peu et pousse le réalisme plus loin en offrant une palette d’actions réalisables en effectuant des mouvements brefs : donner un coup, ouvrir une porte, contrer une attaque ou actionner un levier sont autant d’interactions qu’il est possible d’effectuer physiquement. Les nombreuses possibilités de réglages pointus finiront de conquérir l’ensemble du public.

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Si ce James Bond est aussi varié et inventif dans son gameplay, c’est pour appuyer des techniques de jeu innovantes et deux façons de jouer totalement opposées : en infiltration silencieuse ou en carnage bourrin, à vous de choisir. Dans cette vision du FPS se croise deux regards : celui de Splinter Cell et celui de Call of  Duty dont se rapproche d’ailleurs assez fortement le titre d’Activision. Dès lors, à vous de décider : tuer silencieusement les gardes en les étouffant et en leurs logeant des balles dans la tête au classique silencieux P99 ou dégainer l’AK-47 et se lancer dans une sanglante boucherie ? Quoi qu’il en soit, le jeu vous offrira souvent cette liberté d’orientation très appréciable mais contraindra quelquefois le joueur à se lancer de force dans la deuxième option, ce qui est tout à fait compréhensible, rester totalement silencieux étant de toute façon très difficile, les missions se terminant souvent par d’intenses fusillades à cause d’un garde trop vif ou d’une caméra négligée. Quelques phases dites « d’intrusion » parsèmeront également les parties avec leurs ralentis caractéristiques qui vous laissent quelques secondes pour abattre un grand nombre d’ennemis. Sans oublier une idée intéressante, les phases de QTE des cinématiques qui impliquent directement le joueur au cœur de l’histoire en lui assenant du matraquage de bouton ou du secouage intensifs de manettes. On n’est jamais passifs et c’est tant mieux.

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Une immersion présente sur tous les fronts, voilà la recette secrète de notre agent secret. Une recette qui inclut de nombreux ingrédients, dont la multitude d’objectifs à accomplir, surtout dans les niveaux de difficulté les plus élevés. Intéressants, ceux-ci prennent la forme de bombes à désamorcer, d’otages à sauver, de vidéos de sécurité à récupérer, de photos à prendre à l’aide de votre PDA, d’accès à pirater à l’aide de ce dernier également… Véritable couteau suisse de Bond, son smartphone servira pour de nombreuses opérations de façon intelligente en ajoutant un réalisme de modernité bienvenu. Outre ses missions de base, ce GoldenEye reprend l’un des aspects clés de son prédécesseur : le mode multi-joueurs. En écran partagé, celui-ci propose des méchants cultes de la franchise James Bond (Odjob, Scaramanga, Requin, Dr. No…) ainsi que les protagonistes de la nouvelle aventure. Niveau modes, le jeu pêche par son manque de variété (seuls quatre sont disponibles : Conflit, Conflit en équipe, Pistolet d’or et On ne vit que deux fois) mais se rattrape par des « mods » qui ajoutent du piquant aux parties comme la disparition du radar, le remplacement des balles par des billes de peinture, l’ajout de grenades collantes ou à contrario rebondissantes, l’explosion des joueurs campeurs, etc… Les maps s’inspirent de l’aventure principale et sont plaisantes à jouer mais sont pour la plupart nouvelles et ne rendent pas assez hommage au premier GE. Erreur impardonnable également, l’absence de bots qui aurait permis de redynamiser le tout. Positivement, le mode online regagne un peu de  dynamisme et d’intérêt avec la possibilité de gagner en XP et donc en équipement (gadgets du bureau de Q à la clé). Doté d’un nombre incroyable de modes de jeux allant de la chasse au trésor façon James Bond en passant par des plus traditionnels Conflits et Pistolet d’Or, GoldenEye 007 propose un online de qualité qui assure un challenge relevé et (trop ?) nerveux dans le prolongement même du solo et, au-delà, du film.

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Beau et détaillé, ce remake n’est évidemment pas digne des derniers ténors en matière de graphismes sur consoles HD mais s’impose suffisamment grâce à ses environnements variés et détaillés, excellents pour une Wii (ce qui semble d’ailleurs pousser la console dans ses derniers retranchements car celle-ci accuse des freezes assez fréquents quelquefois particulièrement agaçants). Ainsi, malgré des textures un peu ternes et baveuses on notera des animations un peu fantaisistes mais très honorables (bien qu’en déca du premier GoldenEye, si si) et un jeu qui se rattrape sur une intelligence artificielle de très bonne facture qui n’hésite pas à utiliser des techniques vicieuses pour vous surprendre (elle se cachera souvent dans de petits endroits inaccessibles et vous bombardera de grenades irritantes). Très savamment associée à l’infiltration, la bande-son sera votre guide de furtivité : calme tout va bien, rapide vous pouvez sortir la mitraillette. Reprenant les thèmes du long-métrage (et notamment le magnifique générique réinterprété par Nicole Scherzinger), elle rythme parfaitement les missions et assure une ambiance digne des films, exception faite des doublages assez moyens. Enfin, la durée de vie est exceptionnelle avec un solo certes court en difficulté Recrue mais beaucoup plus long et profond en Classique 007, certes très difficile, et avec des missions quelquefois trop longues mais où la vie ne se régénère pas et où le moindre gilet pare-balle compte. Et que dire des nombreux modes de difficultés, du mode Contre-la-Montre et surtout des multis, local et online, qui ne font qu’allonger un jeu déjà bien consistant ?

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Immersif au possible, reprenant les ingrédients du succès en y ajoutant sa dose de bonnes idées, proposant un multi de bonne qualité et un online agité, cette nouvelle vision de GoldenEye modernise autant son ancêtre qu’elle insuffle un regard neuf aux jeux de tir contemporains, parvenant presque à imposer sa personnalité sur le genre comme ce fût le cas en 1997. Plus qu’un remake, une nouvelle vision des FPS absolument transcendante.

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Les +

Relecture innovante et moderne

Immersion maîtrisée et jubilatoire

Gameplay et réalisation excellents

Les –

Trop court en Recrue

I.A. inégale, souvent agaçante

Le multi n’égale pas l’original

Graphismes : 4/5

Bande-son : 4/5

Maniabilité : 5/5

Durée de vie : 4/5


Note générale* : 16,5/20

* La note générale n’est pas une moyenne mathématique des 4 critères d’évaluation (graphismes, bande-son, maniabilité, durée de vie).

Rappelons le lien vers l’article contenant notre Playin’ Tube sur ce jeu.