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Passé culte dans son genre, le film d’horreur Vendredi 13 fait partie de ces films américains connaissant un gros succès commercial mais bénéficiant d’une critique beaucoup moins enthousiaste. S’il est nécessaire d’adopter une certaine indulgence vis-à-vis de certains aspects encore relativement nouveaux pour l’époque, elle atteindra toutefois rapidement ses limites tant l’œuvre manque de profondeur, de finalité et de conviction.

Inutile de le répéter, Vendredi 13 ne brillera donc pas par son scénario, du déjà vu même en 1980. C’est après une courte ellipse temporelle se déroulant plus de vingt ans auparavant que la trame prend véritablement place, dans le camp de Crystal Lake où Jason, enfant présent en 1957, s’est noyé à cause de l’inattention de deux moniteurs. C’est donc de nombreuses années après  (23 ans exactement) que nous retrouvons Steve Christy qui projette de réouvrir le camp à la date anniversaire qu’est le vendredi 13. Hélas tout ne se passera (évidemment) pas comme prévu et la mort progressive de tous les moniteurs viendra gâcher la fête. Intrigue bateau donc, mais on fini par être habitués. Mais alors que l’on est en droit de s’attendre à des rebondissements ou autres retournements de situation notre souhait n’en sera pas même exaucé : l’intrigue est aussi plate qu’une lame de hache et la prévisibilité des situations viendra faire souffler un vent d’ennui sur le camp.

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Pour étoffer le tableau, les personnages typiques du parfait film d’horreur sont là : le vieux fou, l’aventureux, la fille rebelle… Mais là ou le bât blesse, c’est dans l’interprétation de ces derniers, absolument désastreuse. Déjà peu aidés par des dialogues niais et sans saveur, les acteurs semblent jouer leur rôle à la volée, sans préparation aucune. Peu convaincants, la plupart manquent de personnalité et de maturité dans leur jeu. Nouvelle ombre au tableau donc, brillamment complétée par l’aboutissement du ridicule : les effets spéciaux. Certes, nous sommes en 1980. Certes les techniques d’images de synthèse n’existaient pas ou peu. Certes les moyens techniques étaient limités et incomparables avec ceux que l’on peut trouver de nos jours. Mais malgré tout, impossible de pardonner la torture visuelle que nous impose Vendredi 13 : le sang ressemble plus à un mélange de ketchup et de confiture qu’au fameux liquide vital de l’être humain, la peau arrachée fait penser à du latex et, comble de l’invraisemblable, les acteurs censés être morts depuis plusieurs minutes bougent encore de façon peu naturelle. On a beau être en 1980, le genre connaissait des jours meilleurs et surtout plus éloquents dans d’autres longs métrages.

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Pour terminer avec le ridicule et le pas fini, mentionnons la mise en scène absolument insupportable, lente à en pleurer et manquant cruellement de dynamisme. Il est tout à fait compréhensible que le réalisateur ait voulu instaurer une once de suspense, mais là c’est carrément un lourd poids qui appuie douloureusement sur la patience du spectateur. Heureusement, les plans plutôt inspirés et l’ambiance glauque qui apparaît en seconde partie de la projection viendront réveiller un peu le tout et assureront un divertissement horrifique d’assez bonne facture. Intéressant pour les fans d’action sanglante, le film bénéficie de plus d’une fin tout à fait admirable qui surprendra à coup sur.

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Ne vous attendez pas à une œuvre exceptionnelle avec le premier opus de cette longue saga des Vendredi 13. Scénario bateau, acteurs peu intéressants et effets spéciaux dignes d’amateurs : il y a de quoi en décourager plus d’un, surtout avec une lenteur insupportable comme celle la. Mais tout n’est pas si sombre à Crystal Lake et l’histoire de Jason pourrait constituer un assez bon divertissement d’épouvante pour peu que l’on accroche au genre et qu’abstraction soit faite des nombreuses maladresses cinématographiques commises ici.