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Explosif, imprévisible, déroutant, haletant, palpitant, violent, choquant, prenant, envoûtant, convaincant… Ce ne sont que des mots parmi tant d’autre que je vous propose afin de tenter de décrire le chef-d’œuvre cinématographique de Quentin Tarantino. Si ce dernier à produit beaucoup d’œuvres toutes plus adulées les unes que les autres, Pulp Fiction est certainement le point d’orgue de sa carrière, l’aboutissement de nombreuses années de réflexion pour parvenir à ce monument du septième art.

Par où commencer ? Le scénario peut-être. Étant tellement complexe et ne présentant pas d’intérêt particulier à être détaillé ici, je vous livrerai seulement le pitch du film : Pulp Fiction retrace la vie plus ou moins quotidienne de quelques gangsters Hollywoodiens à travers trois points de vue différents qui, vous vous en doutez, finiront par se croiser afin de permettre au spectateur de reconstituer leur parcours. Formule originale donc, pour un film qui l’est tout autant. De fait, cette façon de procéder, très judicieuse, autorise un jugement des personnages et de leurs torts de façon tout à fait objective; une des grandes forces du film. L’histoire, le cadre spatio-temporel, les liens entre les personnages, tout semble extrêmement flou au départ. Ce n’est qu’au fil des pérégrinations de ces derniers que l’on comprend peu à peu qu’ils sont tous étroitement liés, pour le meilleur et pour le pire. Le réalisateur marie ici des protagonistes que tout semble opposer, issus de diverses horizons mais qui, au final, se retrouvent dans les mêmes problèmes. Un parti pris parfaitement appuyé par une belle brochette de stars avec des acteurs tous plus convaincants les uns que les autres : John Travolta, Samuel L. Jackson, Uma Thruman, Bruce Willis, pour ne citer qu’eux, sont en osmose complète avec leurs personnages. Chacun trouve sa place, le jeu est extraordinaire, les héros attachants.

Le tout bénéficie d’un humour Tarantinesque très adéquat dans ce film de gangstas et propice à la détente entre deux bains de sang. Car oui, vous vous en doutiez, Pulp Fiction instaure dès le départ un climat qui se perpétuera toute l’œuvre durant : la violence. Les scènes gores sont légion, le sang gicle par litres et le nombre incalculable de balles tirées viendra achever le spectateur non-averti. Cependant, ne vous y méprenez pas : cette atmosphère agressive est tout à fait justifiée et sa présence ici, absolument nécessaire, ne vient pas gâcher le film ou le plonger dans une erreur facile trop souvent commise, la violence gratuite; bien au contraire. C’est dans ce savant équilibre incomparablement maîtrisé que le film puise sa force et son incroyable originalité afin de parvenir à communiquer avec le spectateur, à lui faire passer un message pour peu qu’il soit plongé dans l’œuvre; ce qui n’est assurément pas bien difficile. Pulp Fiction happe dès la première seconde et l’incohérence générale provoque un sentiment d’envie, d’excitation quant au devenir des personnages et force à une attention des plus fébrile tout le long des deux petites heures et demie.

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La réalisation, autre force du film, ne souffre pratiquement d’aucun défaut. La caméra, très dynamique, suit merveilleusement bien l’action et vient renforcer l’atmosphère troublante et haletante par de nombreux travellings à 360° du plus bel effet. La mise en scène est puissamment orchestrée par un Tarantino au top de sa forme et si le film possède de nombreuses longueurs, celles-ci sont tout à fait supportables et même nécessaires à la trame. Terminons par la bande originale du film, une véritable tuerie latino tout à fait adaptée à l’ambiance de cette histoire extravagante, avec une mention spéciale au générique qui a donné lieu à d’innombrables reprises d’artistes contemporains; preuve s’il en est de son achèvement. Le seul regret que l’on pourra tirer de ce film est le manque de développement de l’histoire de Mia Wallace dont la fin peut paraître un peu trop brutale. Mais n’oublions pas que c’est du Tarantino après tout, que le style imposé par le réalisateur ne plaira pas forcément à tout le monde mais ne pourra point décevoir tant le souci du détail, de la perfection émane de cette œuvre. L’histoire intemporelle, la vie des personnages finit par toucher le spectateur en profondeur et l’émotion ressentie lors de la fin aussi étonnante qu’inattendue est purement et simplement incomparable.

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Au final, Pulp Fiction peut se résumer en une phrase si simple et pourtant si chargée de sens : il s’agit d’une leçon de violence tout en finesse. Ou l’inverse. Tout simplement.